Salariés : rémunération pendant la grève

La grève de cette fin d’année 2019 semble s’éterniser et, après la crise des gilets jaunes, plusieurs problèmes se posent aux artisans tant au niveau des rendez-vous qui se raréfient que des salariés qui ont des difficultés à venir. De nouvelles préoccupations voient le jour et beaucoup se demandent ce qu’il en est de la rémunération pendant la grève. Que dit la loi sur le sujet et quelles solutions s’offrent à vous ?

Éléments de réponse…

Que dit la loi sur la rémunération pendant la grève ?

  • Le salarié empêché d’aller au travail ou retardé, en raison d’une grève des transports en commun, ne peut pas être sanctionné s’il en a informé son employeur et s’il fournit un justificatif (par exemple un document de la compagnie de transport).
  • Cela doit être fait par écrit, et il est important de justifier d’un événement insurmontable qui est quasiment un cas de force majeur.
  • Concernant la rémunération pendant la grève, l’employeur n’a pas l’obligation de rémunérer le temps d’absence du salarié (sauf convention collective plus favorable).
  • La retenue sur le salaire doit être strictement proportionnelle à la durée de l’absence.
  • Afin d’éviter une baisse de sa rémunération et en accord avec l’employeur, le salarié peut compenser son retard ou son absence soit en effectuant ses heures d’absence à un autre moment de la semaine, soit en posant un jour de congés payés ou, s’il en bénéficie, un jour de réduction du temps de travail (RTT).
  • Si cela est possible, l’employeur et le salarié peuvent momentanément et d’un commun accord, recourir au télétravail.
  • Sauf accord de l’employeur, le salarié n’a pas le droit de quitter plus tôt son poste de travail.

Quelles solutions s'offrent à vous ?

Si certaines sociétés peuvent proposer à leurs salariés le télé-travail en solution de repli lors des grèves, il est bien évident que ce n’en est absolument pas une pour les salons de coiffure et les instituts de beauté.

Les coiffeurs sont payés en fonction du nombre de prestations effectuées et il est bien évident qu’il est dans leur intérêt d’être présent au salon afin d’assurer le maintien de leur revenu. Les salariés sont en général motivés et trouvent des solutions comme : se lever plus tôt, se faire héberger, venir à pied ou utiliser un autre moyen de transport. 

La coiffure est un métier de passionnés et la passion pousse toujours à trouver des solutions. 

Certains patrons proposent à leurs salariés qui ne peuvent absolument pas venir de prendre des jours de congés ou des congés sans solde le cas échéant.

D’autres ont décidé de louer un appartement pour la période de fin d’année afin de permettre à leurs employés de ne pas subir les aléas des problèmes de transports en commun. Cette solution entraîne inévitablement des coûts supplémentaires mais reste généralement rentable à une période où le CA subit une augmentation comprise dans la majorité des cas entre 15 à 20%.

Les conséquences de la grève sur votre activité

  • un planning de rendez-vous parfois moins dense ;
  • des salariés parfois absents mais surtout fatigués.

En étant payé en fonction du nombre de prestations qu’ils effectuent, les salariés voient inévitablement leur rémunération baisser pendant la période de grève s’ils ne viennent pas ou si leur client(e)s ne viennent pas.

C’est pourquoi des solutions sont généralement trouvées.

Et tant mieux car force est de constater que dans la plupart des salons et instituts, la grande majorité des rendez-vous restés honorés, la zone de chalandise étant restreinte. 

Impact de la grève sur les coiffeurs

Rémunération pendant la grève en résumé

Pour les salariés :

  • Si vous ne pouvez pas vous rendre sur votre lieu de travail, le plus simple est de détailler à votre employeur, par écrit, votre parcours étape par étape et de démontrer votre impossibilité de vous rendre sur votre lieu de travail.
  • Si malgré tous vos efforts, vous ne pouvez pas venir, vous perdez votre journée de salaire. Il est donc recommandé de poser des jours de congé s’il vous en reste. 
  • Vous n’avez pas de droit de fait de quitter plus tôt votre poste de travail pour cause de grève.

Pour les employeurs :

  • Vous ne pouvez pas sanctionner un salarié qui ne peut pas venir en arguant une quelconque faute. 
  • De même vous ne pouvez pas refuser les jours de congé posés par vos salariés qui sont dans l’incapacité de venir.
  • La retenue sur salaire, en cas d’absence ou de retard, doit être strictement proportionnelle à la durée de l’absence.

 

Notre avis

Après une année compliquée due au mouvement des gilets jaunes, cette grève de fin d’année des transports est difficile à accepter pour les artisans-commerçants. Et ce, d’autant plus qu’ils ne se sentent pas, en grande majorité, concernés par les revendications des manifestants et des grévistes. 

Le plus simple est de faciliter la vie de chacun au sein de votre société afin que vos journées de travail en souffre le moins possible. Adaptez les heures de travail de vos collaborateurs et assouplissez, tant que se peut, les règles de votre entreprise. Faites tourner au maximum les équipes afin que chacun puisse se reposer à tour de rôle. N’oubliez pas de communiquer sur la situation de votre salon avec vos client(e)s en les informant de vos horaires d’ouverture, de la présence ou non de tel et tel collaborateur…

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