Déconfinement : aides et avenir pour les coiffeurs

En cette période de déconfinement, nous avons rencontré Christophe Doré, président de L’UNEC (Union Nationale des Entreprises de Coiffure) pour parler des aides et de l’avenir des coiffeurs.

Christophe Doré a été par la force des choses, et suite à la perte de son prédécesseur, propulsé à la tête de l’UNEC pendant le confinement. De nombreux dossiers étaient à traiter et notamment la fiche sanitaire mais il a aussi œuvré pour donner une voix à la profession et défendre les intérêts d’une branche artisanale souvent mise à mal. Nous faisons un point avec lui.

Le remboursement des dépenses de protection sanitaire

C’est l’une des revendications que l‘Unec a porté pendant le confinement. Après deux mois de fermeture obligatoire il était compliqué pour certains de faire de nouvelles dépenses avant même l’ouverture de leur salon, pour s’équiper et répondre aux obligations sanitaires.

La voix de l’Unec a été entendue et l’Assurance maladie a décidé d’accorder une subvention pouvant aller jusqu’à 5000 euros (correspondant à 50% des dépenses) pour l’adoption des gestes barrières dans les établissements beauté.

L’investissement en paroi, gel, désinfection, mise en place d’un sens de circulation… toutes ces mesures prises par les coiffeurs pour protéger leurs collaborateurs et leur clientèle ont un coût parfois difficile à supporter pour une TPE.

Les conditions du remboursement de 50% HT des dépenses :

  • Entreprises de 1 à 49 salariés et travailleurs indépendants sans salariés,
  • Dépenses effectuées entre le 14 mars et le 31 juillet 2020,
  • Dépenses à hauteur d’au moins 1000 euros HT pour une entreprise avec salariés et 500 €HT pour un travailleur indépendant sans salariés,
  • Subvention plafonnée à 5000 €HT,
  • Demande de remboursement envoyée avant le 31 décembre 2020,
  • Dépenses pour les achats ou locations de matériel de protection pour lutter contre la propagation du virus
  • La subvention finance deux types de dépenses : les mesures de distanciation sociale et/ou les mesures d’hygiène et de nettoyage (voir détail ci-dessous).

Les mesures de distanciation sociale :

  • Matériel d’isolement : pose de vitre, plexiglas, cloison de séparation, bâches… fixes ou mobiles.
  • Matériel de guidage pour respecter les distanciations : guides files, poteaux et grilles, accroches murales, barrières amovibles, cordons…
  • Locaux additionnels et temporaires pour respecter les distances(montage et démontage et 4 mois de location).
  • Les mesures permettant de communiquer visuellement (écrans, tableaux, support d’affiches, affiches).
  • À noter que les éléments à usage unique (scotchs, peintures, rubans, films plastique, recharges paperboard, crayons, feutres, etc.) ne sont pas pris en charge.

Les mesures d’hygiène et de nettoyage :

  • Les installations permanentes permettant le lavage des mains et du corps : pour les douches (prise en charge du matériel installé et des travaux de plomberie nécessaires à l’installation).
  • Les installations temporaires et additionnelles telles que toilettes/lavabos/douches (prise en charge de l’installation, de l’enlèvement et de 4 mois de location).

À NOTER :

  • Les masques, gels hydroalcoolique et visières sont financés uniquement si l’entreprise a également investi dans, au moins, une des mesures barrière et de distanciation sociale listée ci-dessus.
  • Les gants et lingettes ne font pas partie du matériel subventionné.

Le paiement des loyers

Comme le rappelle Christophe Doré , la complexité de ce dossier, suivi de très près par l’UNEC, est qu’il faut distinguer trois types de bailleurs :

  • Les bailleurs publics qui ne concernent en général pas les coiffeurs mais les locaux occupés par les services de l’état.
  • les grosses foncières qui sont généralement les bailleurs des centres commerciaux à qui il a été demandé une gratuité pour le mois d ‘avril et de lisser le paiement du loyer en mensualités et plus  au trimestre.
  • Les bailleurs privés pour qui la règle générale est la liberté du recouvrement. Ainsi, l’UNEC ne peut que faire appel à la solidarité envers les TPE mais, comme Christophe Doré tient à le préciser, le bailler privé n’a pas toujours les moyens de faire autrement que de demander le paiement de son loyer.

Bercy de son côté rendra un avis début juillet.

Le dossier des assurances

La pandémie n’est pas listée dans la perte d’exploitation des contrats d’assurance et aucun contrat n’en parle. Il a donc fallut faire face à une situation nouvelle et non prévue pour une indemnisation.

Quelques compagnies ont mis en place un fond de solidarité pour leurs clients et leur venir en aide. Cependant ce n’est pas le cas de toutes les assurances et là encore, seule une recommandation peut être émise. Cependant, il est clair que beaucoup vont dénoncer les contrats des compagnies qui ne les ont pas soutenu, pour aller vers des compagnies ayant accordé une aide à leurs clients.

L’UNEC participe activement à des groupes de travail avec les parlementaires et les assureurs pour étudier les cadres de ce genre de catastrophe.

Quoiqu’il en soit Christophe Doré affirme qu’à l’avenir, les assureurs feront des avenants pour inclure la pandémie dans les risques encourus par leurs clients.

Le mot de la fin à Christophe Doré

« Le confinement fut une période très difficile et parfois triste pour nombre d’entre nous pour diverses raisons. Cependant, il est clair que l’on a rarement autant parlé de la coiffure et en positif. Le métier est revalorisé et nous nous sommes tous rendus compte que les coiffeurs ont de la valeur et que ce métier répond à une réelle attente de la population. C’est donc aujourd’hui qu’il faut être le plus solidaire possible. Pour cela, et pour que la voix de l’UNEC, et donc celle des coiffeurs, soit entendue et pèse dans les débats, il faut se regrouper et être le plus nombreux possible. Plus nous serons nombreux plus nous pourrons faire bouger les choses et peser dans les prises de décisions gouvernementales. De plus l’UNEC est une organisation nationale avec des antennes régionales. Ce système de proximité fait ses preuves en cette période difficile en supportant, aidant, secondant les entreprises adhérentes. Nous travaillons avec des personnes qui sont proches de vous, à vos côtés pour vous accompagner dans vos démarches et dossiers à monter.

Aujourd’hui, nous nous battons pour la défiscalisation des heures supplémentaires  et l’activation d’un dispositif d’indemnisation de perte d’exploitation en lien avec les compagnies d’assurance et nous avons besoin du soutien de tous. »

Pour aller plus loin

  • Pour savoir comment se protéger, protéger ses collaborateurs et ses clients(es) :

La Fiche sanitaire Coiffure

La Fiche sanitaire Esthétique

  • Pour découvrir les actions de l’UNEC :

L’UNEC

solution Planity
Voir les commentairesFermer les commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.